Stocks de poissons

Les phoques n’ont pas été la cause principale de la chute des stocks de morues et d’autres poissons de fond. La faute revient surtout à la surpêche et à une mauvaise gestion. Cependant, les phoques entravent le rétablissement des stocks de poissons dans certaines zones. L’incroyable explosion de la population de phoques à un moment où les stocks de poissons sont vulnérables, voire menacés (le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada a inscrit la morue de Terre-Neuve-et-Labrador sur la liste des espèces menacées) fragilise davantage une ressource faible.

On sait que les phoques, en particulier les phoques gris, limitent le rétablissement des stocks de morues dans le golfe du Saint-Laurent et sur le banc de Georges. Un phoque adulte mange jusqu’à 1,5 tonne de poisson par an (p. ex., morue, merluche blanche, raie tachetée, capelan, hareng, aiglefin, mollusques et crustacés). On établit un total autorisé des captures pour conserver un nombre viable de phoques gris en tenant compte du rétablissement des stocks de poissons. Les efforts pour trouver d’autres marchés pour le phoque et ses produits se poursuivent afin de garantir que la totalité des animaux chassés est utilisée de la manière la plus appropriée possible.

Outre une gestion adaptée de la chasse au phoque, le gouvernement du Canada a pris des mesures pour faciliter le rétablissement des stocks de poissons. Il a mis en place des exigences strictes quant à la modification du matériel afin de réduire la capture accessoire de morues et la prise de jeunes individus; il a limité la durée de la période et les zones de pêche, le cas échéant; il a établi des quotas stricts; il a augmenté le nombre d’observateurs des pêches en mer; et il a étendu la vérification à quai.

Non seulement la chasse au phoque durable protège l’espèce elle-même, mais elle permet de rétablir bon nombre des stocks de ses principaux aliments, qui ont une importance culturelle et économique pour les collectivités adjacentes.

Une gestion attentive de la chasse au phoque permet d’atteindre cet important équilibre des écosystèmes, et de le conserver.

« Depuis 60 ans, la puissance de pêche, la pêche en haute mer et les échecs des régimes de gestion des ressources perturbent l’équilibre passé des écosystèmes. À présent, nous devons évoluer vers une utilisation saine, éclairée et bien gérée des ressources marines. » [Traduction]

—Darin King, député à la Chambre d’assemblée, ministre des Pêches et de l’Aquaculture de Terre-Neuve-et-Labrador, 2012