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Non. Aucune des espèces de phoque chassées au Canada n’est en voie de disparition. C’est tout l’inverse! Le phoque du Groenland est très présent dans l’Atlantique du Nord-Ouest. Sa population augmente, et on compte actuellement plus de 7,4 millions d’individus. La population de phoques gris chassés dans le golfe du Saint-Laurent augmente de manière constante depuis les années 1980. Les phoques annelés, nombreux dans l’océan Arctique, sont au moins trois millions.

L’otarie à fourrure, présente au large de la côte ouest du Canada, est la seule espèce de phoque du pays inscrite en tant qu’espèce vulnérable sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Elle n’est pas chassée.

Au Canada, la chasse au phoque est gérée par le ministère fédéral des Pêches et des Océans à partir d’un modèle d’utilisation durable. Il établit des quotas selon un principe de précaution. Les avantages socio-économiques et écologiques de la chasse au phoque sont bien ancrés; le gouvernement est déterminé à garantir le maintien d’une population viable de phoques pour les générations à venir. Comme l’indiquent les chiffres, les mesures de gestion mises en place par le gouvernement fédéral canadien en vue de protéger les populations de phoques ont été couronnées de succès.

Non. Les chasseurs, les organismes de réglementation gouvernementaux et les consommateurs s’entendent pour dire que tous les phoques doivent être chassés rapidement et sans cruauté. On vérifie que l’animal est bien mort avant de retirer la peau. Les chasseurs de phoque sont des professionnels compétents et formés qui traitent les animaux avec respect.

Les méthodes utilisées par les chasseurs professionnels canadiens, si elles sont employées comme il se doit, sont efficaces et conformes aux pratiques établies de bien-être des animaux recommandées par le Groupe de travail de vétérinaires indépendants. Les statistiques montrent que l’industrie de la chasse au phoque respecte ces normes à 96 %.

Tous les chasseurs commerciaux doivent suivre une formation complète sur ces pratiques sans cruauté pour pouvoir renouveler leur permis.

Pas du tout. Il est vrai que grâce à l’intérêt manifesté par les artisans, les producteurs de textile et l’industrie de la mode, le marché de la fourrure et du cuir de phoque connaît une certaine croissance. Les peaux de phoque sont prisées, mais le reste de l’animal l’est aussi. L’huile de phoque, obtenue à partir du lard, est une source d’acides gras oméga-3 utiles facilement assimilables, et un complément pour la santé de qualité alimentaire populaire.

La viande de phoque a également de la valeur. Pour les petits chasseurs et leurs familles et collectivités, il s’agit d’une source de protéines bon marché, saine, accessible et durable. Pour un nombre croissant de chefs de cuisine à l’échelle du pays, la viande de phoque est une viande biologique locale qu’il faut mettre en valeur et intégrer aux menus.

Le gouvernement canadien a commencé à subventionner ses chasseurs de phoque après la chute du marché en 1983, mais uniquement à des fins de développement du marché et des produits. Il a notamment mis en place une subvention pour la viande (de 1995 à 1999) afin de promouvoir l’utilisation complète du phoque du Groenland. Ces subventions ont été supprimées en 2001 lorsque l’industrie est redevenue rentable.

En 2015, le gouvernement fédéral a annoncé l’établissement d’un Programme de certification et d’accès aux marchés des produits du phoque d’une valeur de 5,7 millions de dollars visant à aider les collectivités autochtones à tirer profit de l’exemption sur les produits du phoque qui leur a été accordée par l’Union européenne (notamment de la formation commerciale et de l’élaboration de protocoles de certification). Le fonds sert aussi à promouvoir et à améliorer l’accès au marché de tous les produits du phoque canadiens.

À l’échelle nationale, la chasse au phoque représente une faible part de l’économie. Toutefois, c’est une source importante de revenus pour plus de 6 000 personnes et leurs familles vivant dans des collectivités côtières éloignées à une période de l’année où les occasions d’emploi sont très limitées. Dans certaines collectivités, plus de 25 % des foyers participent à la chasse, qui représente parfois entre 25 et 35 % de leur revenu annuel.

Le phoque étant une source d’alimentation locale et durable, il est difficile d’attribuer une valeur monétaire à sa chasse. La viande de phoque est particulièrement indispensable dans des régions comme le Grand Nord, où la sécurité alimentaire constitue un enjeu : un phoque annelé peut fournir à une famille de la viande pour une valeur de 200 $.

La valeur au débarquement des phoques fluctue d’une année sur l’autre. Elle a atteint son niveau le plus élevé en 2006, à 34,1 millions de dollars. Ce montant a connu une chute vertigineuse après la mise en place de l’embargo européen sur les produits du phoque en 2009, mais il remonte avec le développement de nouveaux marchés.

La chute des stocks de morue dans l’Atlantique Nord-Ouest est principalement attribuable à la surpêche pratiquée par l’homme. Cependant, toute une gamme de facteurs est responsable de la lenteur de leur rétablissement. Chaque phoque peut consommer jusqu’à 1,5 tonne de poisson par an, et on sait qu’ils empêchent le rétablissement des stocks de morue dans certaines régions.

On estime que les phoques gris et du Groenland consomment environ 350 000 tonnes de morue par an. En comparaison, le total des prises de morue de l’Atlantique au Canada était d’environ 16 000 tonnes pour l’année 2016.

Fait important : le gouvernement canadien établit des quotas de chasse au phoque commerciale en fonction de la méthode la plus adaptée pour conserver les stocks de phoques, pas pour protéger le poisson. Dans un écosystème équilibré, les poissons et les phoques coexisteront dans des quantités viables.

Les blanchons sont de très jeunes phoques. Ce terme fait généralement référence aux petits à fourrure blanche qui ne peuvent se nourrir ni se protéger seuls. Ils sont donc totalement dépendants de leur mère. Depuis 1987, il est illégal de chasser les phoques de cet âge. Le Règlement sur les mammifères marins interdit la chasse, la vente ou le commerce de blanchons. En outre, il est interdit de chasser les phoques adultes dans les aires de mise bas, ou lorsque les petits dépendent de leur mère.

Peu après leur sevrage, les phoques muent et perdent leur fourrure blanche. Ils commencent à nager et à chasser. On ne les appelle habituellement plus des blanchons. À cet âge, ils deviennent totalement indépendants, puisque leurs mères les quittent en général pour leur migration annuelle.

Oui. La chasse au phoque représente une part importante de la vie de nombreux Canadiens, tant sur le plan culturel qu’économique. Les populations de phoques sont viables, et chaque animal offre une gamme de produits variés qui améliorent la sécurité alimentaire, renforcent les liens communautaires et permettent de gagner sa vie dans certaines des régions les plus isolées du pays.

La chasse au phoque est une industrie durable, fondée sur le respect des animaux et de l’écosystème, qui s’appuie sur les traditions du passé et les marchés de l’avenir.

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